2 mois d'expatriation
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L’EXPÉRIENCE DE L’EXPATRIATION APRÈS 2 MOIS

L’expatriation c’est une étape qui a le goût de l’aventure. Une aventure qui de toutes les manières, nous pousse en dehors de notre zone de confort. Elle sonne toujours comme une expérience positive, mais elle n’est pas si facile à vivre malgré l’envie, le rêve et la préparation. 
L’expatriation qu’est-ce que c’est réellement ? 
 
 
 
Tout dépend de comment les choses se sont mises en place et réalisées. Car oui, certains quittent leur pays grâce à une opportunité de travail, d’autres comme nous décident un jour de plier bagage, car ils souhaitent vivre autre chose et respirer à pleins poumons. 
L’expatriation peut avoir un but personnel, professionnel ou encore un but philosophique pour d’autres. Certains aspirent à tout recommencer, alors que pour d’autres cela représente un bref aparté dans leur vie, car ils savent qu’ils reviendront au bercail quoiqu’il arrive. 
 

Quoi qu’il en soit, dans notre cas l’expatriation c’est ne pas laisser les autres ou la société définir qui nous sommes. Et encore moins ce que nous souhaitons devenir. C’est rêver au-delà des limites et ne pas se résoudre au fait que nous n’avons aucune autre chance de s’épanouir autrement. Je ne vais pas vous mentir le plus difficile dans l’expatriation, ce n’est pas de tout quitter et tout abandonner, mais justement de tout recommencer à zéro ailleurs.

C’est intéressant de voir à quel point en France on est accroché à un CDI, à quel point, il nous est difficile de tout lâcher. Car on a l’impression que si l’on fait ça, rien ne se présentera à nouveau en termes d’opportunités par la suite.

Lorsque nous avons commencé à entreprendre les démarches pour le PVT, nous n’avons pas réfléchi longtemps au fait de partir et tout quitter. Pour nous c’était un rêve que nous allions de toute façon réaliser. Donner sa lettre de démission, vider son appartement, faire le tri dans tous ces objets qui représentaient notre vie n’a bizarrement pas été si compliqué que ça.

Mais une fois arrivés au Canada, nous nous sommes vite rendu compte malgré les opportunités que nous avons eues que ce pays n’était pas l’El Dorado où tout était si facile à réaliser et à obtenir. Certes, les chances de réaliser ses rêves et d’avoir de nouvelles opportunités sont bien plus importes ici qu’en France, mais ATTENTION rien n’est donné.
De plus, la distance avec les proches, le fait de ne pas avoir de contact ici, devoir recommencer à postuler, chercher un appartement bref recommencer à partir de rien pour avoir une situation stable de nouveau, n’est pas une étape évidente. Oui, c’est un challenge, mais pas si facile qu’on l’imaginait. Tout ça, nous à permis de nous rendre compte que le plus compliqué pour nous, était de tout recommencer.

Nous avions une vie stable avec un CDI, un bel appartement, nos familles, nos amis, bref on avait tout. Excepté la passion. Oui, car, comme beaucoup en France, nous avions fait des choix par dépit. Et malgré tout ce que le ciel et notre volonté avaient pu nous offrir, ce n’était pas ce que nous voulions fondamentalement. Nous aurions pu nous contenter du fait que c’était suffisant, car la moitié des gens de notre âge n’avaient pas encore réalisé ce que nous avions, mais non ça ne l’était pas. On rêvait de tellement plus !


En arrivant à Montréal, nous avons trouvé un appartement en seulement 7 jours et Guillaume un emploi en 3 semaines. Malgré ces
points positifs, nous avons constaté que le Canada n’avait rien à voir avec ce que nous disaient les expatriés français. Ou du moins qu’il fallait mesurer les paroles et expériences des autres, car chaque expérience est différente. Et pour être honnête… à chacun sa chance !

« Tu vas voir des logements il y en à plein c’est tellement facile d’en trouver un pas cher » 

Pas cher oui, mais si c’est pour vivre dans un appartement à risque, délabré et sans luminosité non merci ! 

« Tu vas te faire plein d’amis, super rapidement, en plus tu es super sociable« 

Ah bon ? Et bien j’attends toujours, car malgré la gentillesse et l’ouverture d’esprit des gens ici ça reste toujours l’occident majoritairement individualiste et pas complètement tourné vers le social. 

« Top, tu as eu ton PVT en plus tu vas voir ici, ils attendent les Français, ils ne veulent que ça« 

Aux dernières nouvelles, ils n’attendent personne et tout le monde en même temps. Nous ne sommes pas plus attendus que qui que ce soit d’autre. D’ailleurs, les Québécois ont un certain avantage par rapport aux étrangers pour un même poste. Ils ont plus de chance d’être pris. Croyez-moi, j’ai passé des entretiens où l’on m’a dit « désolé, nous recherchons un résident permanent »! Il n’y a pas à être désolé, mais voilà la réalité des choses au Canada.

« Ici moi j’ai trouvé un job en 1 mois, inespéré, tu imagines bien qu’en France c’est quasi impossible  » 

Oui, mais tout dépend de la chance et du parcours de chacun …  

Je résume. Nous sommes partis avec une très grande excitation. En arrivant, nous avons pu constater la réalité de la vie et du marché du travail ici. Alors oui, il y a plein de bonnes choses et je ne « crache pas dessus ». Mais, je pense que beaucoup ont enjolivé, car l’état des choses en France n’est pas mieux. Ou pour les plus chanceux, eh bien justement ils ont eu de la chance de trouver du travail, des amis et toute une vie en quelques semaines, mais ce n’est que le cas de certains ! 

Ce n’est pas pour être défaitiste loin de là, mais gardez en tête que chaque expérience est unique et que ce n’est pas parce que certains ont eu beaucoup de chance que « Le Canada » offrira les mêmes chances ou facilités à tout le monde.

Donc, partez avec de l’excitation, mais aussi avec une certaine réserve.


Ceci dit, le Canada est un vaste pays magnifique, qui a beaucoup à offrir, en opportunités de travail, de qualité de vie et de nature. Ici, on se sent bien, on trouve petit à petit sa place et l’on apprend à vivre (surtout avec moins de stress) ! Fini, les bousculades dans le métro, l’agressivité gratuite des gens, la négativité, le défaitisme ou l’acceptation d’un sort qui ne nous convient pas. Fini de ne pas donner les mêmes chances à tous et le pointage du doigt sur la différence. Ici, on vit ensemble, on patiente, on est beaucoup plus aimable, on se sent plus en sécurité et ça au quotidien ça n’a pas de prix. Mais encore une fois, je dis cela avec nuance, rien n’est parfait et si le pays parfait existait, ça se saurait. 😉

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